J'étais un arbre, j'étais un paysage, j'étais la nature !
Il y avait aussi le ciel et rien tout autour. Le vide.
Solidement enracinée j'étais là et nulle par ailleurs.
Là sur les bords de la page, au milieu,
ma silhouette couleur herbe et terre.
Un jour, alors que la pluie de l'été mongol tambourinait sur le feutre de la yourte, le vieux Teumeurbayar, l'homme au visage vaste et raviné, m'explique que le bout de ses bottes était recourbé afin de ne pas blesser les esprits de la terre.Seuls les indiens ont cette sagesse envers celle qu'ils appellent leur mère.
... Quant à nous, nous n'avons pas de chance, notre Dieu nous a demandé de régner sur la terre et sur ses créatures. Tant de pouvoir nous a rendu fou !
"Carnets Mongols" de Gildas Flahault, aux éditions Glénat.
C'était au Col de la Serva, carnet humide et chaussures sous-marin.
Une rando sous la pluie et quelques rondeurs douces et chaudes pour oublier.
Souvenirs humides dans carnet noir !